Thyroïde

Problèmes de thyroïde : quels impacts sur la grossesse et la fertilité ?

Une atteinte de la glande thyroïde peut être à l’origine d’une surproduction (hyperthyroïdie) ou d’une sous-production (hypothyroïdie) d'hormones thyroïdiennes, de triiodothyronine (T3) et de thyroxine (T4). En plus de provoquer divers symptômes invalidants, de telles affections peuvent avoir un impact négatif sur la fertilité et sur la capacité à mener une grossesse à terme. Cap sur le lien entre la grossesse et les troubles de la thyroïde. 

Thyroïde et infertilité
Les troubles de la thyroïde font partie des troubles endocriniens les plus fréquents chez la femme en âge de procréer. Ces derniers se manifestent par des modifications hormonales qui, en affectant les cycles menstruels et l’activité ovarienne peuvent constituer un frein à la fertilité. 

L’hyperthyroïdie et l’hypothyroïdie sont deux maladies thyroïdiennes qui peuvent nuire à la fertilité chez la femme. Chez les patientes atteintes d’hyperthyroïdie, une plus grande sensibilité à l'hormone de libération de la gonadotrophine hypophysaire (GnRh) est observée. Elle donne lieu à une sécrétion importante d'hormone lutéinisante (LH) responsable d’un taux élevé d’oestrogènes. La femme voit alors ses cycles menstruels déréglés, avec souvent l’appartition de règles plusieurs fois dans le mois. 

L’hypothyroïdie serait également responsable des difficultés à concevoir. Donnant lieu à une élévation anormale du taux de TSH, elle augmente l’intensité et la fréquence des règles et crée une absence d’ovulation. 
Afin d’augmenter les chances de concevoir chez les femmes en âge de procréer, l’American Thyroid Association préconise le maintien d’un taux de TSH inférieur à 2.5 mU/l.
Peut-on tomber enceinte après une thyroïdectomie ? 
Selon les spécialistes, la thyroïdectomie ne nuit pas à la fertilité, à condition que l’intervention se déroule dans de bonnes conditions et que les patient(e)s aient une bonne prise en charge postopératoire. Aujourd’hui, des technologies médicales de pointe à l’instar du dispositif FLUOBEAM® LX offrent plus de précision aux praticiens durant l’intervention. Les glandes parathyroïdes sont détectées par autofluorescence durant l’opération, ce qui rend le geste chirurgical plus précis.  
Les troubles de la thyroïde durant la grossesse
Durant les quatre premiers mois de grossesse, la thyroïde de la femme enceinte joue un rôle prépondérant. En effet, cette dernière assure le bon développement du cerveau du fœtus en lui apportant la quantité nécessaire d’hormones riches en iode. 

L’activité thyroïdienne de la femme enceinte fait l’objet d’une surveillance étroite. Elle permet de détecter aussi tôt que possible une hyperthyroïdie ou une hypothyroïdie qui aurait des conséquences néfastes sur la mère et le futur bébé.
L’hyperthyroïdie durant la grossesse
L’hyperthyroïdie correspond à une production excessive d’hormones thyroïdiennes. La femme enceinte souffre alors de vomissements importants et d’une fatigue intense, en plus d’une sensation de coeur qui bat rapidement qui peut inquiéter. Du côté du fœtus, des risques de prématurité, un retard de croissance et des troubles du neurodéveloppement sont à craindre.  

En cas d’hyperthyroïdie, un régime alimentaire particulier peut être prescrit par le spécialiste. 
L’hypothyroïdie durant la grossesse
Contrairement à l’hyperthyroïdie, dans le cas de l’hypothyroïdie, la thyroïde ne produit pas suffisamment d’hormones. Cette affection se manifeste, dans la plupart des cas, par une sécheresse cutanée, une prise de poids importante et une sensation de battements de cœur ralentis. Un goitre peut également apparaître du fait d’une carence en iode. Les conséquences de l’hypothyroïdie peuvent être graves. En effet, si cette pathologie n’est pas détectée à temps, l’enfant à naître est exposé à des risques de retard de développement psychomoteur et intellectuel.

Dès lors qu’un traitement a été administré, une bonne surveillance de l’hypothyroïdie est de mise. Des bilans sanguins réguliers seront prescrits à cet effet pendant et après la grossesse. 
Comment traite-t-on les problèmes de thyroïde chez la femme enceinte ? 
Pendant la grossesse, les traitements à base d’iode radioactif qui sont généralement prescrits en dehors de cette période ne sont pas conseillés. En revanche, des antithyroïdiens de synthèse et des bêtabloquants sont prescrits afin de restaurer un équilibre hormonal. Un arrêt de travail pour la future maman et beaucoup de repos sont, par ailleurs, fortement conseillés. 

L’administration de ces traitements fait l’objet d’une grande surveillance du fait d’une éventuelle interaction avec le fœtus. 

Prévenir les troubles de la thyroïde durant la grossesse
Durant la grossesse et en dehors de cette période, les dérèglements de la thyroïde peuvent être détectés facilement. Dans le cadre d’un auto-diagnostic, les symptômes suivants doivent alerter : 

  • Une soif soudaine et inexpliquée
  • Une perte de poids rapide et importante malgré un appétit inchangé
  • Une trop grande sensibilité à la chaleur
  • Des bouffées de chaleur et une transpiration excessive 
  • Des troubles de l’humeur
  • Des insomnies
  • Une hyperactivité 
  • Stress et anxiété
  • Augmentation du volume du cou qui fait penser à un goitre
  • Des yeux globuleux
  • Une augmentation de la fréquence des selles 
  • Diarrhée
  • Palpitations 
  • Tremblements
  • Diminution de la fréquence des règles ou absence de règles

Dès lors qu’un dérèglement de la thyroïde est suspecté, un bilan thyroïdien est prescrit. Il a pour but de contrôler le taux de TSH.  
Les recommandations sanitaires actuelles préconisent un dépistage précoce des femmes à haut risque de développer des troubles thyroïdiens durant la grossesse. Ainsi, les femmes ayant des antécédents personnels ou familiaux de troubles de la thyroïde, de diabète ou de maladies auto-immunes font l’objet d’une surveillance accrue durant neuf mois.

A retenir

Une gestion appropriée des troubles de la thyroïde permet d'améliorer la prise en charge de la patiente et du futur bébé tout au long de la grossesse et après l’accouchement.

Les femmes souffrant de problèmes de thyroïde peuvent tout à fait tomber enceinte et mener une grossesse à terme, à condition que ces troubles soient bien pris en charge. Durant la grossesse, un suivi de l’hypothyroïdie et de l’hyperthyroïdie est important afin de garantir la bonne santé de la maman et du bébé.