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Comprendre le cancer du sein triple négatif : diagnostic et traitements

Le cancer du sein triple négatif désigne un ensemble de tumeurs cancéreuses caractérisées par l’absence de récepteurs aux œstrogènes, à la progestérone et à la protéine HER2. Habituellement plus agressif, le cancer triple négatif a la faculté de se propager rapidement. Ce type de cancer concerne majoritairement les femmes jeunes de moins de 40 ans. Le dépistage du cancer triple négatif repose sur la réalisation des mammographies ainsi qu’un contrôle régulier des seins. Généralement diagnostiqué à un stade avancé, le cancer triple négatif présente un risque de métastases au niveau des ganglions axillaires ou d’autres organes tels que les poumons ou le foie. Bien que son pronostic soit souvent réservé, les traitements et les avancées médicales permettent aujourd’hui de mieux appréhender cette pathologie. 

Qu’est-ce qu’un cancer triple négatif ?

La plupart des cellules cancéreuses possèdent des récepteurs hormonaux aux œstrogènes ou à la progestérone. Elles disposent également de récepteurs à la protéine appelée HER2. Le cancer triple négatif est un ensemble de tumeurs dépourvu de ces 3 récepteurs en même temps. En raison de cette différence, le cancer du sein triple négatif est considéré comme un type de cancer distinct. Dans la plupart des cas, il s’agit d'un cancer canalaire infiltrant, qui a tendance à se propager rapidement. De par ces spécificités, ces tumeurs sont généralement agressives et de haut grade.

Le cancer du sein triple négatif est majoritairement diagnostiqué chez les femmes de moins de 40 ans, non ménopausées. Malheureusement, sa découverte est souvent faite à un stade avancé. Dans ce cas, la présence de métastases au niveau des ganglions lymphatiques ou des organes avoisinants n’est pas rare. Il présente aussi de plus grands risques de récidives. L’absence de récepteurs hormonaux implique également des options de traitements adaptés à ce type de cancer.

Les différents types de cancer du sein

 En France, la Haute Autorité de Santé estime que le cancer triple négatif représente 15 % des cancers du sein. Moins répandu, ce cancer reste néanmoins une des formes les plus agressives de la maladie. Selon leur localisation ou leur grade, on observe plusieurs types de cancers du sein.

 Les adénocarcinomes in situ

Les adénocarcinomes in situ ou non infiltrants, représentent 95 % des cancers du sein en France. Dans le cas d’un cancer canalaire in situ la tumeur se développe sans infiltrer les tissus avoisinants.

Les adénocarcinomes infiltrants

Les cellules cancéreuses impliquées dans un adénocarcinome infiltrant peuvent se propager vers les ganglions lymphatiques ou vers d’autres organes. Ce type de cancer est donc à l’origine de métastases.

Le cancer du sein inflammatoire

Dans le cas de cancer du sein inflammatoire, les cellules cancéreuses affectent les tissus cutanés. Ce type de cancer est beaucoup plus rare que les adénocarcinomes. Cependant, le cancer inflammatoire est agressif et se propage rapidement.

Comment diagnostiquer un cancer du sein triple négatif ?

Comme pour tout type de cancer, le diagnostic du cancer du sein triple négatif repose sur plusieurs examens.
Dans un premier temps, le médecin effectue une palpation des seins à la recherche d’une éventuelle grosseur. Lorsqu’une anomalie est suspectée, la réalisation d’une mammographie de dépistage s’avère indispensable. Si les résultats sont anormaux, des examens complémentaires sont requis : échographie mammaire, biopsie et bilan sanguin.  

Une analyse des tissus prélevés, pratiquée par un laboratoire d’anatomopathologie, permet de déterminer la nature des tissus. En l’absence des récepteurs hormonaux et des récepteurs à la protéine HER2, le diagnostic de cancer du sein triple négatif est confirmé.
Le risque de propagation des cellules cancéreuses aux ganglions est assez élevé. De ce fait, la réalisation d’une biopsie du ganglion sentinelle est nécessaire dans le but de faire analyser les premiers ganglions lymphatiques. De cette façon, un curetage axillaire n’est pas systématique, mais uniquement réalisé en cas d’envahissement ganglionnaire. Grâce à Fluobeam®, une technique innovante basée sur l'imagerie de fluorescence, il est possible de localiser le drainage lymphatique ainsi que le ganglion sentinelle après incision avec précision.

Traitement du cancer triple négatif

La prise en charge thérapeutique du cancer triple négatif est définie lors d’une RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire) au cours de laquelle l’ensemble du corps médical suivant la patiente se réunit. Le protocole thérapeutique est par conséquent adapté à chaque cas. Plusieurs traitements contre le cancer du sein triple négatif peuvent être proposés.

La chirurgie du cancer triple négatif

Le recours à la chirurgie est assez fréquent en présence d’un cancer triple négatif. Le type de chirurgie privilégiée est défini en fonction de plusieurs facteurs tels que la taille de la tumeur, ou sa propagation. L’indication de mastectomie ou tumorectomie dépend donc des spécificités du cancer.

La chimiothérapie

Comme dans le cas de cancer du sein hormonodépendants, la chimiothérapie est particulièrement recommandée pour traiter les patientes atteintes d’un cancer du sein triple négatif. Le protocole ainsi que les associations chimiothérapeutiques sont généralement identiques pour tout type de cancer du sein.

Inhibiteur de PARP : mutation des gènes BRAC1 et BRCA2

Les gènes BRCA1 et BRCA2 ont pour rôle de réparer l’ADN en cas de cassure. La mutation de ces gènes provoque une mauvaise réparation à l’origine de certains cancers. Un traitement médicamenteux à base d'un inhibiteur de PARP permet de détruire les cellules cancéreuses en empêchant la réparation de l’ADN. Ce type de thérapie ciblée est indiquée dans le traitement d’un cancer du sein triple négatif métastatique lié à la mutation des gènes BRCA.
Les dernières avancées médicales

Parmi les avancées médicales concernant le cancer triple négatif, l’immunothérapie ou immuno-oncologie montre des résultats encourageants. L’immunothérapie vise à stimuler et à rétablir les capacités du système immunitaire afin de lui permettre de lutter contre les cellules cancéreuses de manière naturelle. D’autre part la Haute Autorité de Santé a autorisé l’accès précoce à une nouvelle option de traitement : le Trodelvy. Ce médicament est destiné à traiter les cancers métastatiques chez les patientes en échec thérapeutique.