Thyroïde

Chirurgie du cancer de la thyroïde : tout savoir sur l’opération

Le traitement du cancer de la thyroïde est avant tout chirurgical. Il consiste à retirer la glande thyroïde, tout ou en partie, pour éliminer la tumeur et éviter son extension. Cette opération est appelée thyroïdectomie. Dans cet article, découvrez les détails de l’opération, les complications possibles et les recommandations post-opératoire pour les patients atteints de cancers de la thyroïde.

Comment se passe la chirurgie du cancer de la thyroïde ?

La consultation préopératoire

A la suite d’un diagnostic de cancer de la thyroïde et en fonction de son évolution, une opération sera programmée. Avant l’opération, une consultation préopératoire est organisée avec le chirurgien et l’anesthésiste. Ce rendez-vous permet d’expliquer le déroulé de l’intervention et de déterminer si des examens complémentaires sont nécessaires avant le jour J (comme le taux de calcium dans le sang).

L’intervention chirurgicale

Au cours de l’opération, le chirurgien pratique une incision horizontale, à la base du cou, pour accéder à la glande thyroïde. Si la tumeur est maligne et supérieure à 1 centimètre de diamètre, une ablation totale de la glande thyroïde est réalisée. Si la tumeur est plus petite, l’ablation peut être partielle.
L’intervention chirurgicale se déroule sous anesthésie générale avec intubation. Elle dure généralement entre 1 et 2 heures. Elle n’entraîne pas de perte de sang significative.

En cas de cancer de la thyroïde papillaire de la thyroïde, l’équipe opératoire peut procéder à un curage ganglionnaire en même temps que la thyroïdectomie. Cette procédure consiste à enlever les ganglions autour de la glande thyroïde.

La durée d’hospitalisation est généralement de 1 à 3 jours.

Quels sont les risques de complication ?

La chirurgie de la thyroïde chez des patients atteints de cancers thyroïdiens est fréquente. Néanmoins, comme toute intervention chirurgicale, elle présente des risques tels qu’une infection ou une hémorragie.

Mais il existe également des risques spécifiques, comme une atteinte du nerf récurrent et des glandes parathyroïdes. Le nerf récurrent commande le mouvement du larynx et des cordes vocales. L’opération peut parfois engendrer une paralysie, qui se traduit par une voix faible, rauque ou cassée pendant plusieurs semaines.

Si ces troubles persistent, une rééducation orthophonique peut être nécessaire. Les glandes parathyroïdes sont de toutes petites glandes au nombre de 4, responsables de la régulation du taux de calcium. Une lésion accidentelle de ces glandes peut entraîner une perturbation de leur fonctionnement qui devra être compensée par une prise de calcium et d’analogues de la vitamine D pendant plusieurs semaines, mois ou parfois à vie.

Comment minimiser les risques ?

La prise en charge par un centre spécialisé et l’expérience du chirurgien sont déterminantes. Il existe également des technologies innovantes comme FLUOBEAM® LX qui aide les chirurgiens à opérer avec plus de précision et de confiance. Cette solution est aujourd’hui utilisée en France, aux États-Unis et à travers le monde.

FLUOBEAM® LX facilite la localisation et la préservation des glandes parathyroïdes grâce à l’autofluorescence, pour éviter toute lésion accidentelle. C’est une aide pour le chirurgien, lui offrant une meilleure visualisation et lui permettant d’avoir un geste plus sûr.

Prof. Frédéric Triponez, Médecin-chef du service de chirurgie thoracique et endocrinienne des Hôpitaux Universitaires de Genève en Suisse, explique :

 « Pour les parathyroïdes, jusqu’à l’arrivée de l’autofluorescence et de la fluorescence avec angiographie […], on n’arrivait pas à repérer, on ne se servait que de l’œil, nous n’avions pas la garantie que les parathyroïdes fonctionnent bien ».

FLUOBEAM® LX est donc une solution efficace pour l'aide à la détection et la préservation des glandes parathyroïdes.

Que se passe-t-il après une opération du cancer de la thyroïde ?

Le suivi postopératoire

Une consultation postopératoire avec le chirurgien est programmée pour vérifier la bonne cicatrisation. Le chirurgien prescrit souvent un arrêt de travail, dont la durée varie en fonction de la situation professionnelle et de l’état de santé du patient. Il est généralement compris entre 10 et 21 jours.

Il faut attendre la cicatrisation complète pour reprendre ses activités sportives et de loisirs. La récupération totale de la mobilité du cou est requise avant de conduire de nouveau.

S’il a été confirmé que le nodule est cancéreux, un traitement complémentaire peut être prescrit, notamment si le risque de récidive est jugé élevé, avec l’administration d’iode 131. Le traitement par iode radioactif vise à éliminer d’éventuelles cellules cancéreuses restantes suite à l’opération. La nature radioactive de ce traitement exige une hospitalisation en chambre spécialisée.

Le traitement et le bilan de guérison

Pour compenser l’absence de thyroïde (et parfois en cas d’ablation partielle), il est nécessaire de prendre des hormones thyroïdiennes de synthèse. Ce traitement, appelé thyroxine, se présente sous la forme d’un comprimé à prendre une fois par jour, dès la sortie de l’hôpital. Il faut trouver le bon dosage qui assure un bon équilibre hormonal (mesuré via le taux de TSH ou thyréostimuline). Une fois le bon dosage trouvé, une prise de sang de contrôle est réalisée une fois par an.

Un bilan de guérison est généralement effectué 9 à 12 mois après l’intervention chirurgicale. Il permet de vérifier l’absence de récidive du cancer thyroïdien. Si aucune anomalie n’est détectée lors des différents examens pratiqués, le risque de récidive par la suite est très faible.

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La chirurgie du cancer de la thyroïde consiste donc en une ablation totale ou partielle de la glande thyroïde. Grâce aux avancées de la médecine et de l’imagerie médicale, les risques du traitement chirurgical sont minimes et les patients peuvent maintenir une bonne qualité de vie. Le taux de guérison des cancers thyroïdiens est supérieur à 90 %.