Thyroïde

Que manger durant la diète à basse teneur en iode ?

Certains traitements nécessitent le suivi d’une diète à basse teneur en iode. Si elle semble parfois austère, cette alimentation est indispensable à leur réussite. Avec un peu d’imagination, il est possible de garder les plaisirs de la table. Zoom sur le régime à basse teneur en iode et ses recettes.

Qu’est-ce que la diète à basse teneur en iode ?

La diète à faible teneur en iode est un régime particulier le plus pauvre possible en iode. Il est impossible d’avoir un régime totalement sans iode, car ce minéral est présent en quantités diverses dans la grande majorité des aliments. L’objectif de la diète à basse teneur en iode est de conserver un apport en iode inférieur à 50 microgrammes par jour.

Quand entamer une diète à basse teneur en iode ?

Si un régime avec des aliments riches en iode est parfois utile pour l’hypothyroïdie, selon telle source la diète à basse teneur en iode est utile pour l’hyperthyroïdie. Le régime pauvre en iode sert notamment de solution tampon dans une hyperthyroïdie suspectée. Ce type de régime alimentaire est également utilisé en préparation de certains actes médicaux, notamment pour repérer un dérèglement de la thyroïde.

En effet, une alimentation à faible teneur en iode est un prélude au traitement à l’iode radioactif. C’est également le cas avant une scintigraphie qui utilise de l’iode radioactif comme contrastant. Plus la thyroïde sera en carence d’iode, plus elle sera réceptive à l’iode radioactif, et donc plus les résultats seront de qualité.
Suivant les indications du médecin, ce type de régime sans produits à forte teneur en iode commence 14 jours avant l’examen ou la thérapie à l’iode radioactif.

Comment fonctionne le régime à basse teneur en iode ?

Le régime sans iode, à ne pas confondre avec le régime sans sel, est un régime pauvre en iode. Il consiste à ne consommer que des aliments pauvres en iode afin de créer une carence. Le CHU de Montréal et Cancer de la thyroïde Canada nous recommandent, pour ce faire, de consommer certains aliments en particulier.

Quels sont les aliments à privilégier ?

Les aliments à consommer dans le cadre d’un régime à faible teneur en iode sont :

  • le sel non iodé ou des fines herbes sans additif ;
  • les viandes non préparées ;
  • les légumineuses ;
  • les fruits naturels (éviter les cerises au marasquin) ;
  • les légumes naturels (sauf les pois congelés) ;
  • les céréales naturelles (pas de préparation pour petits-déjeuners avec des additifs ou des colorants) ;
  • les huiles végétales ;
  • le thé et le café sans produits laitiers ;
  • les laits végétaux (sauf le lait de s
  • oja).

Quels sont les aliments interdits ?

Les aliments interdits dans le cadre d’un régime à pauvre teneur en iode sont tous ceux naturellement riches en iode ou enrichis en iode. Les principaux sont :
  • le sel iodé et les aliments utilisant du sel iodé ;
  • le lait et les produits laitiers ;
  • les produits dérivés du lait (yaourt, beurre, fromage, crème…) ;
  • les jaunes d’œufs (le blanc peut être consommé) ;
  • les poissons et fruits de mer ;
  • les aliments contenant des algues ;
  • les charcuteries et les viandes en conserve ;
  • le chocolat au lait (le chocolat noir peut être consommé) ;
  • le soja et ses dérivés (tofu, lait, farine…) ;
  • la mélasse et la cassonade ;
  • les produits préparés ou surgelés contenant ces aliments.

Comment garder le plaisir culinaire avec un régime à basse teneur en iode ?

Comme avec beaucoup de régimes plus ou moins restrictifs, il est parfois difficile de conserver le plaisir de manger. Le régime à faible teneur en iode ne fait pas exception, même s’il est très souvent de courte durée. Voici des conseils et quelques recettes pour garder une assiette appétissante.

Conseils généraux

Cancer thyroïde Canada nous explique que la difficulté souvent observée dans le régime pauvre en iode est la confusion avec le régime sans sel. Or, les papilles occidentales sont particulièrement habituées à cette saveur. Dès lors, il est important de se tourner vers du sel sans iode ou mieux, rappelons que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande une consommation inférieure à 5 g par adulte et par jour, vers de nouvelles épices. Le recours aux herbes aromatiques est aussi une alternative intéressante pour pallier le manque de goût supposé.
 
Pour ne pas passer son temps à lire toutes les étiquettes, le mieux reste de cuisiner des produits naturels, en vrac et sans additif. Toutes les recettes classiques s’adaptent à ce régime en remplaçant les ingrédients de base problématiques par leurs équivalents pauvres en iode.


Afin de garder de la fantaisie dans l’assiette, utiliser beaucoup de fruits et de légumes apporte de la couleur. Cela permet aussi des mélanges de textures plus ou moins originales. La cuisine n’est donc plus triste et sans saveur. 

Quelques recettes

Il existe beaucoup de recettes disponibles pour manger avec un régime pauvre en iode. Voici, par exemple, un menu possible pour les fêtes :

 
  • Salade roquette, fraise et oignon rouge ou potage carotte, poivron rouge et lentille corail
  • Canard à l’orange ou daube de biche
  • Bûche de Noël chocolat et orange ou poire pochée au thé à l’orange

Quelles sont les mesures additionnelles d’éviction de l’iode ?

En dehors des aliments, certains produits de santé contiennent aussi de l’iode. De même que certains additifs. Aussi, dans le cadre d’un régime pauvre en iode, certains produits doivent être évités :
  • l’iso-Bétadine ;
  • l’Érythrosine ;
  • les colorants rouges, orange et bruns (sauf le rouge allura) ;
  • les multivitamines contenant de l’iode.

A retenir
Le régime pauvre en iode rend plus efficace le traitement à l’iode 131.
Régime pauvre en iode ne signifie pas régime pauvre en sel.
Avec un bon choix d’aliments, le régime pauvre en iode peut rester gourmand, avec des épices et des couleurs.

Indispensable pour certains examens ou traitements, le régime à teneur réduite en iode peut engendrer des craintes. Pourtant, de nombreux aliments restent permis. Cette diète s’adapte alors à la majorité des spécialités classiques. Manger pauvre en iode n’est pas synonyme de manger triste.